Sans issue

escape game

Escape Game : l'escape game est un jeu grandeur réelle qui plonge une équipe de participants dans une aventure en immersion, lors de laquelle ils vont devoir collaborer pour trouver la solution aux énigmes et la sortie.

Création collective de et avec Olivia David-Thomas,  Martine Girol et Fabien Thomas...

Distribution en cours

En 2017, Animakt, structure culturelle de production et de diffusion de spectacle et bien d'autres choses certainement, située à Sault les Chartreux -en bref ce sont des amis- nous passait commande d'un escape-game théâtralisé.

 

Nous devions nous inscrire dans un évènement bien plus vaste que notre simple intervention : Ceux d'En Face.

"Organisé tous les deux ans, les années impaires, le festival Ceux d’En Face est un festival de petites formes insolites dans des lieux insolites pour 70 spectateurs adultes par soir pendant 4 soirs."

Les copains de la compagnie Thé à La rue faisait le fil rouge mais pas que... Le thème, c'était le vivre ensemble.

La graine est plantée, 12 représentations plus tard, un format de 40mn est né, l’équipe de jeu : Olivia et Fabien THOMAS et leurs deux enfants, une affaire de famille qui sera le fil rouge du spectacle.

Cet escape game, c’est le futur projet de cette famille, leur pari pour l’avenir, pour l’instant les fonds manquent, d’ailleurs un Ulule est lancé, mais pour l’instant il va falloir imaginer, beaucoup. Oui nous sommes aux portes d’un manoir dans la lande écossaise, les chandeliers brûlent, l’ambiance est gothique. Avant d’entrer, le groupe est prévenu, un escape game c’est aussi une philosophie, apprendre à surmonter en groupe ce qu’on ne pourrait faire individuellement, les règles de savoir vivre et la gestion des mouvements de panique sont donc un présupposé pour tous les joueurs.

 

A l’intérieur, l’aventure commence, musique d’ambiance, énigmes, effets spéciaux, tous les éléments sont là mais pourtant rien ne va, la famille implose joyeusement dans les vapeurs des fumigènes premier prix.

 

Bon, et maintenant?

Dans la création finale, cette famille sera toujours à l’œuvre, réunie autour de ce projet commun d’ouverture d’un Escape Game, pour certains projet révolutionnaire, pour d’autres projet de vie ou pari financier, tous ont envie ou besoin de cette nouvelle aventure. Prenant modèle sur les familles dominantes du pays, ils espèrent être de la nouvelle caste des gagnants, de celles qui prospèrent. Un couple a entraîné toute la famille, les économies des uns et des autres ont été englouties dans ce crash test grandeur nature, il leur faut réussir.

 

Le modèle du couple, ce serait plutôt la famille Mullier, celle qui a créé les zones commerciales, propriétaire d’Auchan, de Kiabi... Ils veulent rompre avec une certaine dynamique d’échec. Ils représentent cette France qui perd à tous les coups mais qui aspire à devenir des premiers de cordées. Ils adhèrent aux préceptes de la classe dominante, ils ont fait leur la maxime qui dit que si on veut, on peut.

 

Sans doute, l’oncle de la famille, loser espiègle, désespéré et suicidaire viendra-t-il mettre un peu de grains dans les rouages de cette mécanique bien huilée.

La fille, elle, aspire à l’autonomie, à l’émancipation, elle se sent maltraitée par ses parents et ne manquera pas de nous le faire savoir.

C’est aussi ça l’escape game, une façon de faire tenir la famille debout, une façon de regagner une estime de soi.

 

Ce qui nous intéresse ici, c’est l’accident, ce sont des portraits de personnages en creux, ce sont les contradictions, les affrontements. Nous voulons passer de la comédie au tragique, parler de sacrifice. Si nous étions dans Iphigénie, Troie représenterait le rêve capitaliste à conquérir (la création d’un escape game franchisé), Agamemnon qui sacrifie sa fille aux Dieux afin d’avoir des vents favorables, ce serait le père de la famille prêt à sacrifier n’importe qui pour atteindre la plénitude de la réussite, Iphigénie, la part d’humanité qu’on est prêt à perdre pour monter dans l’ascenseur social.

Les participants invités sont peut-être de futurs actionnaires, de futurs subventionneurs qui vont garantir les fonds du projet qui se veut pharaonique à terme.

 

Chaque membre de la famille s’est investi à sa hauteur et selon ses centres d’intérêts : réflexion sur la thématique par l’ancien prof d’histoire, décorum par la femme au foyer, effets spéciaux par l’ancien garagiste, préparation psychologique des participants par la psychologue en burn out…

 

Les participants sont aux prises avec le jeu réel (trouver les énigmes, remporter les missions, déjouer les pièges) mais sans cesse détournés de leur but premier par les grincements du rouage familial, les tensions, les inimitiés, les angoisses de chacun.

Nos partis pris... pour peu que nous en ayons

Détourner les principes d’un jeu populaire pour mettre à vue les aléas de la vie d’une famille.

Une esthétique du pauvre, faite de bric et de broc, nous frôlons les règles des spectacles patronages pour mieux nous en amuser.

 

Nous aimerions tout de même nous adjoindre les services d’un constructeur afin d’avoir deux trois objets susceptibles de nous en mettre plein la vue.

 

 

Une deuxième version de Sortie de secours sera créée dans une forme plus ouverte, toujours sur la base d'un escape game à dimension variable (une maison de quartier, un parc, un quartier, …).

Cette version s’implantera sur un secteur et sera créée en lien avec des pratiques amateurs (théâtre, chorale, musique…) et les habitants et commerçants du secteur d’implantation.

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